Savoir vivre...

Publié le par cynic63

"J'ai grandi dans les années quatre-vingt et j'encule Casimir".
Nous voilà fixés: le ton sera volontairement tranchant, aiguisé, incisif. Excessif, quoi !
Cet auteur,  salué pour son diptyque maori et son dernier roman Zulu (Série Noire), nous livre ici onze chapitres totalement indépendants les uns des autres, qui constituent autant de réflexions.
On n'a pas affaire à un roman, ni à un recueil de nouvelles.
Chaque texte constitue une galerie de portrait, un instantané ou même encore un retour sur un épisode marquant de la vie de notre homme.
On croise tour à tour des personnages hauts en couleur (dont l'excellent révolutionnaire belge, Raoul Vaneigem), tendres ou attachants.

Férey nous dit ici ce (ceux) qu'il aime ou déteste avec un parti-pris revendiqué, assumé et clamé haut et fort. Il ne sacrifie qu'une seule fois à la fiction (avec une chute des plus étonnantes) privilégiant le biographique le plus souvent.
On se surprend alors à rire ou à hurler avec lui à la lecture de pages brillamment écrites.
On a la sensation agréable que chaque mot a été soigneusement travaillé, pesé et si, comme le titre l'indique, l'ensemble est radical et sans concession, Férey fait toujours mouche.
Le ton polémique de certains passages ravira le lecteur, comme ce brulôt intitulé Mort aux années quatre-vingt, petit crachat à la gueule d'une décennie au cours de laquelle il n'a pas fait bon grandir et dont on subit encore les contrecoups nauséabonds (merci aux libéraux "modernes"...)
Ce petit ouvrage constitue un excellent remède à la morosité ambiante: revigorant et terriblement jouissif !!!!!
Petit éloge de l'excès, Caryl Férey, Folio, 144 pages

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Marianna 10/12/2008 21:08

Le texte sur les années 80 est un véritable pamphlet. La vitesse avec laquelle les énumérations s'enchainent fait l'effet d'une gifle à chaque ligne. Il n'a pas tout dit, tout dépouillé mais le ton y est, on se demande si on en veut plus.... C'est ce qu'il y a de plus marquant. Est ce que l'on se rendait compte à cette époque de la merde que l'on avalait ? Si vous ne vous en souvenez pas, plongez vous dans ce recueil (?!?!?) Le reste des textes est moins percutant et parfois manque d'épaisseur. En même temps, une fois la lecture des années 80 faite, a-t-on vraiment envie de continuer....A noter : " La mort de ma vie" ainsi que "Le baiser du feu", plus intime.