A date with the Sonics...

Publié le par cynic63

Soirée de légende hier soir à La Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand.

En effet, les légendaires  Sonics étaient là pour une de leurs trois dates françaises...
Un événement pour tous les fans de garage, dont certains étaient venus de loin, qui se pinçaient encore à l'entrée en scène du quintet de Tacoma, Etat de Washington.
Pour tout dire, même dans nos délires les plus fous, on ne pensait pas avoir l'occasion de les écouter "live" et les voir "en chair et en os".
Mais qui sont donc les Sonics?
Tout simplement, la quintessence du garage sound des sixties, pas encore teinté de psychédélisme, les maîtres du chant à la limite, des amplis poussés à fond à une époque où les murs de marshall version heavy n'étaient même pas à l'état de gestation.
Inspirateurs des Stooges, repris par les Cramps, les Fuzztones ou encore les Lyres et, en réalité, par tous les rockeurs du monde qui s'essaient au garage, les Sonics correspondent  à ce qu'on appelle un groupe culte.
Culte par le nombre de standards composés par le combo. "Strychnine", "Boss hoss", "The witch", "Psycho" font partie des best of du genre et on n'en compte plus le nombre de versions.
Culte également par la brièveté de la carrière: à peine 5 ans d'existence, deux albums (dont un est des plus bricolés), la contribution des Sonics à l'histoire du rock fut à l'image de leur musique: une fulgurance.

On les attendait donc à la fois de pied ferme mais aussi avec les yeux du fan qui reçoit son cadeau de Noël trois semaines avant.
Evidemment, 40 ans après, il ne fallait pas s'attendre à une prestation pleine de furie et de saine violence.
Bien sûr, la voix de Gerry Roslie accuse les ans et ne peut plus monter dans les aigus comme elle le faisait en 1965.
Il coulait de source que les doigts de Larry Parypa auraient du mal à s'accrocher sur les chorus incisifs qui étaient une des marques de fabrique du groupe.
On va donc tout de suite régler son compte à la catégorie des déceptions:
Oui, il y a eu des "pains", des notes "plantées", des passages où on sentait que la soixantaine passée était bien là.
Certes, il y a eu des baisses de régime.

Ceci dit, si on émet de nombreuses réserves du point de vue de la qualité technique, au sens musical du terme, sur la prestation de ce dimanche, on réalise - avec le recul lié à la nuit - qu'on a quand même assisté à une sacrée revue de rock and roll, où l'énergie déployée par la section rythmique ( un membre des autres légendaires Wailers à la batterie) a réussi en partie à palier aux approximations déjà relevées.
Une section rythmique dont la qualité de jeu mais aussi de voix du bassiste a été très convaincante dans l'ensemble. Et puis, parmi les trois membres originels restant, on saura gré à Rob Lind de nous avoir gratifié d'envolées de sax' dignes des premières heures. Il nous a bien montré qu'il avait encore du souffle dans tous les sens du terme.
En outre, que dire de notre satisfaction d'avoir enfin vu, alors que le groupe ne s'est reformé qu'il y a deux ans, ceux qui nous ont décomplexés dans les heures lointaines de notre adolescence et convaincus que l'énergie était essentielle au rock and roll et passait bien avant la dextérité technique?
Enfin, n'oublions pas que les Sonics, contrairement à d'autres grands anciens qui tournent encore, n'ont jamais construit une véritable carrière, tant ensemble que séparément, et qu'ils ont disparu du paysage musical majeur pendant pratiquement 40 ans.
Finalement, en y réfléchissant un peu plus, ils sont bien le chaînon manquant entre le Little Richard des 50's et le punk débridé des 70's.
" Three chords, two tracks and one hell of a band". Que dire de plus?
Si: Regardez les quelques rares vidéos du groupe sur le net

Publié dans rock and roll

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