Samedi 14 novembre 2009
Pas encore terminé le défi 2009 (link), initié par Catherine.
Il me reste un peu plus d'un mois pour aller au bout et je devrais y arriver.

Ceci étant, je me suis inscrit pour un autre challenge qui court jusqu'à fin 2010:
 
Je vous renvoie au site de la personne qui l'organise. Vous y trouverez les modalités complètes quant à la participation.(link)
J'ai, pour ma part, décidé de commencer avec 4 romans dont le premier est Mildred Pierce de James M Cain.
J'en parlerai avant la fin de la semaine qui arrive... 
Par cynic63 - Publié dans : coups de coeur/coups de gueule - Communauté : Le monde du polar
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Vendredi 13 novembre 2009
Un petit post rapide en cette fin d'après-midi...

Lorsque j'ai inauguré la rubrique "Fallait pas l'inviter !", j'avais interviewé mon ami Patrick "Tad" Foulhoux, journaliste rock, entre autres, mais surtout grand animateur des chantiers sonores auvergnats. Eruption sonique...
Il nous avait expliqué en détails les raisons qui le poussaient à monter son projet de label indépendant et livré ses raisons d'espérer en la pérennité du dit projet.

Et bien, ça y est, c'est parti: la chose s'appelle "Pyromane Records"
Un joli logo, tout beau, bien rock and roll et qu'on espère voir fleurir un peu partout.

Les détails sur le myspace de la fine équipe composée de Tad, donc, mais aussi de son acolyte Manu.(link)
Un joli programme qui n'attend que deux choses: notre soutien et d'autres signatures pour étoffer un catalogue déjà alléchant. 

Bon, je reviens durant ce week end pour parler de Leonardo Padura, puis, plus tard, de James M Cain et d'Emmanuelle Urien .
Par cynic63 - Publié dans : rock and roll - Communauté : Le Monde du Rock
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Mercredi 11 novembre 2009
Cela risque de devenir la discussion de fin d'automne sur la blogosphère du Noir.

La tétralogie de David Peace, devenue trilogie à l'écran, sort aujourd'hui en France.
D'abord destinée au petit écran en Grande-Bretagne et mise en scène par trois réalisateurs différents, l'adaptation arrive dans les salles obscures...
Je vais certainement aller voir le résultat par moi-même.

Je viens d'en entendre une excellente critique dans la non moins excellente émission Et pourtant elle tourne (link) et d'en lire un élogieux papier dans les Inrockuptibles (link), même si je suis souvent dubitatif quant à leurs avis cinématographiques, musicaux ou autres.
Un avis très négatif de Philippe qui l'avait vue sur petit écran.(link). (Il me corrigera si je me trompe).

En tous cas, comme j'aime beaucoup Peace, malgré la véritable épreuve que constitue la lecture de ses livres, cette sortie ciné ne peut qu'aiguiser ma curiosité.
A suivre donc... 
Par cynic63 - Publié dans : cinéma - Communauté : Le monde du polar
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Mardi 10 novembre 2009
Ca fait longtemps qu'on n'a pas parlé de notre Irlandais préféré. Avant de continuer la lecture des aventures du déjanté Jack Taylor, un petit post sur un ouvrage "hors-série" du natif de Galway.
Tout comme dans Hackman blues ( Bruen of Brixton... ), Ken Bruen nous emmène faire un petit tour à Londres. Avec un tel guide, inutile de dire que la visite sort des sentiers balisés par l'office de tourisme de la capitale anglaise...

Mike Shaw, le narrateur de cet En effeuillant Baudelaire, est un simple comptable, sans illusion, qui mène une vie étriquée et monotone, chose dont il est parfaitement conscient. Un soir de désoeuvrement, il rencontre dans un pub Laura, jeune fille délurée, aux manières directes et au langage souvent relâché.
Fasciné par cette rencontre, Mike s'en confie à Brad, son brillant ami d'enfance et homosexuel assumé, qui le met en garde étant certain que cette fausse ingénue s'avèrera être la source de nombreux problèmes.
Peu importe, Mike rappelle Laura qui, visiblement, si elle n'a plus trop de souvenirs de lui, accepte néanmoins de le revoir. Après une sortie des plus avinées, les deux tourtereaux se rendent chez la Belle, tombent nez à nez avec Harry, le père de la demoiselle qui se révèle être un individu fantasque, tant dans ses vêtements, que ses paroles ou ses manières. Vieux beau sur le retour, fan absolu de Baudelaire, riche et influent, Harry débarrasse le plancher rapidement: il doit aller retrouver une de ses conquêtes. Laura et Mike font ce qu'ils ont à faire mais ce dernier comprend vite que le caractère guerrier de la sexualité de le jeune fille est lié à Harry et que l'ensemble n'est pas joli, joli...
Finissant par gagner la confiance du père qui voit en lui un brillant avenir, de la fille qui sent qu'il est plus que ce petit comptable très anglais, puis d'une mère pas si innocente qu'elle n'y paraît, Mike va se trouver entraîné dans une histoire où vont se mêler l'argent facile, le sexe, la défonce sous toutes ses formes, la trahison, les morts violentes et la manipulation. Reste à savoir qui gagnera à ce jeu du manipulateur, qui dominera l'autre, qui se fera "baiser", au propre comme au figuré, pour employer la terminologie de l'auteur.


Avec Ken Bruen, on est toujours bien servi: une écriture vive et percutante, un sens de la formule et des bons mots aigu, une galerie de personnages tous plus barrés les uns que les autres sont en général au menu. Ce roman n'échappe pas à la règle.
En outre, notre auteur ne s'embarrasse pas de tergiversations, de tours ou de détours au niveau de l'intrigue. Il va droit au but et entraîne son lecteur dans une sorte de tourbillon narratif hallucinatoire tout en maîtrisant les éventuelles sorties de route. Au pire, il s'en sort par un habile rebondissement qui, loin de nous pétrifier, nous fait décoller à l'image des lignes de coke que les uns et les autres inhalent joyeusement.

Soumis à une telle déferlante, on risque cependant d'occulter la dimension sociale de l'oeuvre. Non pas que Bruen verse dans la dénonciation militante façon "poing levé" car cela n'est pas le genre de la maison.
C'est beaucoup plus complexe chez lui car la critique d'un monde de faux-semblants, de "yuppies" ou autres "golden boys" friqués et dépravés, soucieux de faire du fric par tous les moyens, de personnages minables ou lâches ayant des comptes à régler avec un passé parfois douloureux, est véhiculée justement par ce qui peut ressembler à du pur délire romanesque. On aurait tort de réduire Bruen à ce dernier point.

Reste que l'ensemble est parfois réjouissant, souvent hilarant, toujours virtuose et que si on ferme le livre avec la sensation, désormais normale avec Bruen, d'en avoir pris plein la tête, on sait pertinemment qu'on a bien fait de s'embarquer dans ce nouveau "trip" qu'il nous a proposé, qu'on repartira la prochaine fois sans problème. Si c'est lui qui nous transporte, qui décide de l'itinéraire et de la destination finale.

ps: l'avis d'Yvon (link)

En effeuillant Baudelaire (Dispatching Baudelaire, 2004) de Ken Bruen (trad. Catherine Cheval et Marie Ploux), Points Roman Noir (2009), 216 pages
 
Par cynic63 - Publié dans : polars irlandais - Communauté : Le monde du polar
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Dimanche 8 novembre 2009
Comme on l'avait annoncé, une belle rencontre a eu lieu ce samedi matin à Clermont dans les locaux de La Librairie, rue Pascal.
11h00 du matin est une heure un peu matinale pour moi le week end, surtout après une soirée du vendredi plus que mouvementée. En grande partie à cause du set apocalyptique que nos Danois préférés de Defectors  avaient donné la veille. On en reparlera prochainement et revenons à notre sujet...
Arrivé accompagné par son editeur français Olivier Gallmeister (link), qui assurait la traduction de ses propos, Johnson s'est tout de suite montré à l'aise, décontracté et avenant.
Grande silhouette, stetson, cow boy boots, il est vrai que c'est un personnage plutôt impressionnant mais un grand "Hello!" à la cantonade a mis tout le monde à l'aise.
Beaucoup de sujets abordés lors de cette rencontre: son parcours personnel fait d'innombrables métiers (il a été entre autres flic à New York), sa vie quotidienne aujourd'hui dans son ranch isolé, son travail d'écriture, en particulier sa méthode, etc...
Je ne vais pas trop développer ici. Je vous renvoie à l'excellent papier rédigé par Jean-Marc (link) suite au passage de l'écrivain du Wyoming à Toulouse.

Cependant, je souhaite juste évoquer deux ou trois choses qui m'ont marqué.
D'abord, l'immense gentillesse du monsieur: très affable, sympathique, souriant lors des dédicaces, Johnson est peut-être quelqu'un qui vit un peu isolé dans son Etat du nord des Etats-Unis,  mais il est tout le contraire de l'ermite misanthrope. Il a écouté attentivement toutes les questions posées, s'intéressant à ce que chacun pouvait lui demander et, visiblement, très heureux d'être là.
Ensuite, ses qualités de conteur. Tout devient histoire dans ses propos. Le moindre sujet abordé donne lieu à une anecdote, souvent très drôle, comme par exemple ces deux rencontres avec le shérif du Comté où il vit à 10 ans d'intervalle. En effet, ne connaissant rien au travail du shérif, qui est très différent de celui de policier, Johnson avait, lorsque Little Bird en était à l'état de projet, sollicité le personnage afin d'obtenir de précieux renseignements pour le réalisme de son roman. Le shérif accepte, Craig laisse ses deux premiers chapitres dans le tiroir, les oublie occupé à d'autres tâches et le temps passe. Dix ans plus tard, alors qu'il fait le plein à une station service, Johnson aperçoit le shérif qui le reconnaît. Ce dernier s'approche de lui et lui dit: "Vous êtes Craig Johnson, vous étiez venu me voir il y a dix ans à propos d'un roman mettant en scène un shérif et n'êtes jamais repassé. A ce que je vois, vous travaillez plutôt lentement!". Evidemment, la chose est racontée sans les mimiques et intonations de l'écrivain qui en font en grande partie le sel.
Et, enfin, un sens de l'humour très particulier, notamment quand il évoque son ami indien, ce dernier ayant aussi développé le goût de la rigolade bien sentie au point d'afficher un merveilleux tee-shirt qui proclame: "Je suis blanc à 1/64ème mais je ne peux pas le prouver"...
Comme le disait Jonhson lui-même: "De toutes façons, les Indiens ont un sacré sens de l'humour. Ils en ont bien besoin: ça fait 200 ans qu'ils nous supportent".

Voilà. Je pourrai en rajouter notamment sur sa modestie, réelle et sincère, ses "thank you" qu'il a nous adressés, à une amie et à moi, lorsqu'il est parti après nous avoir serré la main.
Moi, mes "thank you", je les adresse aussi à Craig, à l'équipe de la médiathèque de Vic-Le-Comte qui l'a fait venir pendant 3 jours en Auvergne et bien sûr aux propriétaires de la Librairie qui ont rendu ce petit moment de délice possible. En plus, je suis très content d'avoir vu qu'autant de gens s'étaient déplacés. Cela ne peut qu'encourager ce genre d'initiatives...
Par cynic63 - Publié dans : coups de coeur/coups de gueule - Communauté : Le monde du polar
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Vendredi 6 novembre 2009
En cette période de l'année où on file inexorablement vers l'hiver, comme nous le rappellent la pluie, les feuilles mortes se transformant en gadoue immonde, les nuits plus longues que les jours, rien de tel qu'un roman comme Poussière tu seras de l'Irlandais Sam Millar pour coller à cette ambiance de requiem de décennie.
Rien de tel, enfin, pas sûr car, pour plomber un peu plus une atmosphère des plus moroses, ce roman noir est tout à fait ce qu'il faut.
Si on est donc un peu trop sensible à la "dépression saisonnière", il vaudrait mieux en reporter la lecture à un autre moment. D'autant que l'auteur nord-irlandais ne met pas longtemps à lancer son intrigue, ni à planter son décor, ni à préciser l'atmosphère de l'histoire dans laquelle il nous entraîne. Quelques courts paragraphes du premier chapitre y suffisent...

Adrian Calvert, adolescent renfermé depuis la mort accidentelle de sa mère , préfère aller se promener dans une forêt près de Belfast plutôt que d'assister aux cours à son lycée. Il découvre un os dont, très vite, il a la certitude qu'il ne peut être qu'humain. Il ramène sa trouvaille chez lui, la cache dans sa chambre et n'en dit rien à son père Jack, ancien flic qui noie son chagrin dans le whiskey et qui essaie, tant bien que mal, de se reconstruire en s'adonnant frénétiquement à la peinture, soutenu dans son entreprise par Sarah, sa maîtresse et galeriste, qui croit sincèrement en leur histoire et à son talent. Une reconstruction difficile pour Jack qui dissimule, outre sa relation amoureuse, une horrible vérité à Adrian.
Le jeune garçon, dont la curiosité est de plus en plus piquée par son étrange découverte, décide de percer le mystère de cet os, se rend à nouveau sur les lieux où il l'a trouvé et met la main (si on peut dire) sur un nouvel élément: une poupée qui s'avèrera avoir appartenu à une fillette disparue trois ans auparavant...
Pendant ce temps, le barbier Jeremiah Grazier est de plus en tendu: sa relation avec Judith, sa femme camée jusqu'au dernier degré et psychotique, devient de plus en plus difficile. Elle ne renonce aucunement à sa quête de paradis artificiels et astreint son mari à des rituels sadiques qu'il continue à accepter, comme s'il cherchait une forme d'expiation. 
Une tendance à la passion, au sens christique du terme, que ne partage aucunement son collègue Jo Harris, pourtant durement touché par la mort de sa propre femme, ni Benson, flic plutôt débonnaire, ex-collègue et meilleur ami de Jack. Deux personnages qui, s'ils ne sont pas aussi positifs qu'ils veulent bien le montrer, n'ont néanmoins pas tendance à tendre l'autre joue aux claques de la vie.
Au même moment, un vieux clochard fait une découverte macabre dans les sous-sols d'un ancien orphelinat abandonné: les restes, atrocement mutilé, d'un être qui a dû mourir dans d'horribles souffrances.
Prévenu de cette nouvelle par Benson, Jack va vite avoir des problèmes d'ordre plus personnels: Adrian disparaît suite à une dispute dont je me garderai bien de révéler la teneur.
L'ex-flic va alors s'évertuer à retrouver sa progéniture fragile, bientôt réaliser que les choses comme les personnages sont liés, que les fils les unissant figurent une toile d'araignée mortelle. Façon veuve noire...

Avec un roman dont les deux parties s'intitulent "Hiver" et "Printemps" (je vous laisse deviner la plus longue...), découpé en 44 chapitres, ramassés ou plus développés, tous précédés d'une citation d'auteur éclairante, Millar nous assène une véritable baffe dans la gueule, un violent coup de poing dans l'estomac ou un grand coup de pied là où ça fait mal. On a des difficultés à choisir l'expression idoine.
Peu de temps morts, aucune respiration tout au long d'une histoire étouffante, oppressante, dont on sent que la prochaine étape va nous entraîner encore plus dans les profondeurs d'un abîme qui ne laissera remonter que très peu d'acteurs, consentants ou involontaires, à la surface. Et encore: les survivants s'en sortiront amochés pour toujours.  
L'auteur s'est, également, montré très inspiré lors des descriptions des paysages désolés, froids, sinistres tout comme dans l'approche de la psychologie de ses personnages qu'il ne ménage jamais.
Pas d'espoir, pas de lumière, pas de survie. Au sens strict comme symbolique. Même la scène "d'amour" explicite ressemble plus à une scène de mort.
De même, les moments plus intimistes comme ceux relatifs à la quête de Jack ou aux effets de la drogue sur Judith sont percutants dans leur narration: on a mal ou on se sent bien - très rarement tout de même-, avec les personnages créés par Millar. Et si on en surprend certains à dissimuler ou encore à jouer aux voyeurs, l'auteur évite, parfois de justesse, de tomber dans ce dernier travers.

Cependant, je regretterai  un final qui, s'il est amené avec talent, petit à petit, avec une tension grandissante, lorgne un petit peu trop du côté du thriller "gore" voire "d'épouvante" à son point culminant pour redescendre dans un dernier chapitre, plus à mon goût,  qui clôt, avec une froideur et un manque de perspective d'avenir terrible, un roman plus que noir. Un roman blafard. 

ps: les avis de Jean-Marc (link) et de Philippe (link). Claude me signale également son papier (link) . Alire également sur rayon polar (link


Poussière tu seras (The darkness of the bones, 2006) de Sam Millar (trad. Patrick Raynal), Fayard Noir (2009), 299 pages

 
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Mercredi 4 novembre 2009
Une grande tristesse avec l'annonce du décès de Claude Levi-Strauss, immense penseur (le dernier?) de notre époque, injustement oublié lors de la dernière décennie du vingtième siècle mais une véritable référence pour ceux qui, comme moi, ont goûté aux études d'ethnologie ou d'anthropologie. Une pensée vivante, en mouvement dont on pourra retrouver des éléments dans la revue Sciences Humaines (link).
Avec les grandioses intellectuels médiatiques qui polluent nos écrans, on n'est pas près d'atteindre un dixième de sa hauteur de vue...
Dans la série: "les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît", un petit billet plus qu'édifiant sur l'excellent moisson noire (link) dans lequel Jeanjean, le taulier de l'établissement, nous en apprend de bien bonnes sur certaines pratiques du web...Je ne reprends pas les propos. Allez voir vous-mêmes.

Avec tout ça, le week end sera plus que bienvenu et commencera de la plus belle des façons.

Les FABULEUX garage-rockers danois des Defectors (link) seront en France pour quatre dates uniquement. A Clermont-Ferrand, ce sera vendredi soir et en compagnie des stars locales montantes de Sinner sinners (link) qu'on attend de pied ferme après leur escapade à Los Angeles. Une soirée des plus soniques s'annoncent et on espère juste ne pas avoir d'acouphènes le lendemain matin car il serait dommage de manquer quoi que ce soit de la rencontre prévue avec Craig Johnson.



Comme si on risquait de s'ennuyer le soir, des fois qu'on n'en aurait pas assez, l'événement le plus idiot mais aussi le plus marrant revient pour son édition automnale: la soirée de clôture de la semaine de la moustache, drivée de main de maîtres par Olivier Bikini et son acolyte Billy, promet d'être dantesque. Les pronostics vont déjà bon train concernant le vainqueur du trophée de la plus belle moustache.
Précision: les filles peuvent concourir
Verdict dimanche matin avant la fermeture du Bikini, boulevard Trudaine
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Mardi 3 novembre 2009
Ayant énormément apprécié le dernier volume de John Harvey paru en France, je comble mon retard en ce qui concerne cet auteur britannique en m'attaquant à la série mettant en scène Elder, un ancien inspecteur d'une cinquantaine d'années qui, après trente ans de service, a démissionné et fait valoir ses droits à la retraite.
Retiré en Cornouailles, il a rompu avec sa femme Joanne qui, de toutes façons, allait le quitter pour vivre avec son amant de longue date, Martyn.
Attaché à conserver des liens avec Katherine, sa fille de seize ans, Elder est tout à son plaisir quand celle-ci, au début de De chair et de sang, vient lui rendre visite dans son cottage de bord de mer. Le père et la fille, malgré la maladresse de l'un et la fougue toute adolescente de l'autre, vont essayer de mettre à profit ces quelques jours pour se retrouver, en quelque sorte.
Seulement, Elder, au caractère taciturne, solitaire et à la limite de la misanthropie, est hanté dans son sommeil. Littéralement. Un cauchemar récurrent, par le récit duquel Harvey ouvre magistralement le roman, l'ancre dans le passé: il n'a pas contrairement à la promesse faite à ses parents retrouvé Susan Blacklock, jeune fille de 17 ans, probablement victime d'un duo de "violeurs-assassins" qui, s'ils ont bien reconnu avoir tué Lucy Padmore, une autre adolescente, ont toujours nié leur implication dans la disparition de Susan. Une affaire vieille de 13 ans mais qui ne laisse aucun répit à Elder, torturé par la culpabilité.
Maureen Prior, son ancienne seconde, l'appelle à l'un des pubs où il a ses habitudes: Shane Donald, l'un des auteurs de ces crimes particulièrement horribles et mineur lui aussi à l'époque, bénéficie d'une libération conditionnelle.
L'ex-inspecteur principal voit, dans cette nouvelle, l'occasion de reprendre les choses où elles en étaient restées à l'époque, comptant peut-être sur Donald pour y voir plus clair.
Cependant, "démasqué" par un des pensionnaires de ces foyers très spéciaux réservés aux anciens détenus en conditionnelle, ce dernier choisit, afin de ne pas céder au chantage qu'on entend exercer sur lui, de fuir et de tenter sa chance seul.
Parallèlement, Elder, avec l'approbation de ses anciens collègues, va revenir aux sources: partir du lieu où Susan a été vue pour la dernière fois, reconstituer son emploi du temps, remonter plus loin encore. Afin de comprendre ce qu'il a pu, à l'époque, ne pas saisir.

Harvey, dans ce long mais jamais ennuyeux roman, construit un récit millimétré, précis, fait de multiples épisodes centrés principalement sur un retour vers le passé pour Elder et une fuite en avant pour Donald. Mais pas seulement.
En effet, outre ce qui finit par virer à l'obsession pour l'ancien flic, l'écrivain anglais n'oublie pas que son héros vit aussi dans le présent, qu'il a également des préoccupations bien actuelles, comme ses relations avec sa fille, sa femme, qu'il n'a pas vraiment cessée d'aimer malgré une forte rancoeur ressentie pour elle, ou bien encore Helen, la mère de Susan, inconsolable mais digne dont il va se rapprocher...
De même, Angel, jeune fille désoeuvrée, paumée, baladée dans sa jeunesse de familles d'accueil en foyers, rencontrée chez des forains par Donald semble constituer une issue pour lui, la promesse d'un futur enfin moins noir. Pour un temps en tous cas...

John Harvey prend son temps, laisse vivre ses personnages, ne force jamais le rythme tout comme il l'accélère quand cela le justifie.
On a le sentiment, tout au long de ces plus de 400 pages, que l'histoire se déroule toute seule, s'écoule tel un fleuve tout naturellement, que chaque personnage occupe une place, un rôle qui a son importance pour que l'édifice tienne debout et fasse sens.

Ecriture limpide, certes, mais qui ne répugne pas à une certaine trivialité, notamment lors de la description des scènes de sexe, consenti ou non. Pas de d'effets superflus, pas de complaisance, mais pas de censure non plus.
Là, où les faiseurs de "thriller gore" se seraient repus de détails sordides, voire vulgaires, Harvey dit les choses telles qu'elles sont. Clairement. Point à la ligne. Et pourtant, vu le tour que le roman finira par prendre, il aurait pu tomber dans une surenchère que ces mêmes faiseurs ont établi en marque de fabrique.
Dans le même ordre d'idée, il ne verse dans aucun misérabilisme social à l'évocation de la jeunesse de Shane, véritable enfant martyr, ou de la vie morne et triste d'Irene, sa soeur, mariée à un personnage qu'on imagine bien hurler parmi un troupeau de hooligan le week end au stade. Il rapporte, tel un témoin ou un photographe qui saisit l'essentiel de son sujet, le met en valeur, non pas en en grossissant le trait mais en choisissant le meilleur angle de vue pour son cliché.

Tout cela est peut-être classique, certes, mais encore faut-il avoir un talent certain pour parvenir à un résultat probant.
Ouvrir un livre d'Harvey, c'est l'assurance de retrouver un savoir-faire, une histoire bien construite, des personnages humains, variés et souvent attachants.
En bref, c'est l'assurance de se laisser prendre encore une fois et de refermer le roman persuadé qu'on ouvrira le prochain sans aucune appréhension. Pour se laisser griser encore.


De chair et de sang (Flesh and blood, 2004) de John Harvey (trad. Jean-Paul Gratias), Rivages/Noir (2009), 476 pages
 
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Mercredi 28 octobre 2009
Samedi 7 novembre, la Librairie, 14 rue Pascal, à Clermont-Ferrand, nous propose une nouvelle rencontre-dédicace.
Après Leonardo Padura mi-octobre, ce sera au tour de l'écrivain étatsunien Craig Johnson de nous rendre visite.
On visitera avec intérêt le site de son éditeur français Gallmeister (link) mais également le site personnel de l'auteur pour les anglophones (link).

Notons que l'écrivain ne se contentera pas de cette séance de dédicace en mi-journée puisqu'il se trouvera en différents endroits du département comme l'indique l'excellent blog d'informations culturelles local serendipities (link): un bon endroit pour savoir ce qui se passe dans la région en matière de musique, d'expos, de livres, et autres manifestations. 
Et j'en profite encore une fois pour renvoyer auprès des éditions Gallmeister: site très ergonomique et un catalogue fourni en auteurs étatsuniens contemporains. 
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Mardi 27 octobre 2009
Réédition d'une Série Noire de 1969 à la Manufacture de Livres avec Les louchetracs de Jean Mariolle. Un volume "à l'ancienne" mais qui ne manque pas d'intérêt grâce à son écriture et son réalisme. Entre autres.

Paris dans les années 60.
Max sort de la Santé au bout d'un an. Il retrouve Mado, sa protégée qui lui assure un minimum de revenus rue Saint-Denis.
Il ne perd pas de temps: après avoir fêté sa liberté intimement avec sa "femme", Max part retrouver les membres de l'équipe à laquelle il appartient: Pierrot, Serge, et surtout André Monvoisin, dit "le Vieux", l'aîné, le chef et cerveau de cette joyeuse bande.
Ce dernier, la cinquantaine approchant, en a assez de la précarité de la vie de truand. Il voudrait bien réussir un dernier gros coup. Ainsi, finie la peur des "lardus" (les flics), des concurrents, de la prison voire pire...Notre homme pourrait, grâce à ce dernier exploit, s'occuper à plein temps de son potager et de Marinette.
Monvoisin, homme intelligent autant qu'intransigeant, à la forte influence sur les membres de sa bande, a des ambitions: réussir un casse dans une des bijouteries les plus en vue de la Place Vendôme. Une affaire compliquée, ardue mais qui doit permettre à tout le monde de se ranger, de se mettre au frais. Ou au chaud.
Mais, chacun doit y mettre du sien: l'affaire est réalisable, certes, mais demande du doigté et, surtout, de la patience. Un tel coup ne se réussit pas comme ça. Prudence est donc exigée de tous, pas de risques inutiles.
Seulement, Pierrot, dévoré par sa passion pour les chevaux est totalement fauché. Afin de se refaire, il se lie avec une autre bande et les suit dans le braquage d'une banque. Pour son malheur, l'équipe a été donnée: Pierrot se retrouve donc en prison.
Magnanime, et surtout conscient que la perte de Pierrot peut mettre le "gros coup" en péril, le Vieux décide qu'on fera évader Pierrot lors de son transfert au parquet. Belle occasion, en plus, de s'adjoindre les services d'autres fines lames, si on ose dire...

Mariolle décrit un monde qu'il connaît bien pour en avoir fait partie, à savoir celui des truands parisiens des années cinquante-soixante, et raconte des scènes qu'il a du, ou pu, vivre. Quoi qu'il en soit, le roman est donc fortement teinté d'autobiographie.
Bien sûr, tout cela est délicieusement daté, un peu vieillot mais très agréable à lire.
Par contre, Mariolle (un pseudo bien sûr) ne place aucunement sur un hypothétique piédestal tous ces individus: il se contente, le plus souvent avec une distance froide, de rendre compte de leurs faits et gestes, de les présenter tels qu'ils sont. A savoir: des individus violents, rancuniers, peu soucieux de la vie humaine comme quand ils s'interrogent sur l'éventualité d'éliminer un quidam qui pourrait donner l'alarme lors de la grande opération.
L'auteur, en outre, nous fait découvrir un monde qui a ses codes, ses "valeurs", où les femmes ne sont souvent que des objets sexuels pour le propre plaisir ou le porte-monnaie de ces Affranchis qui n'hésitent pas à les prostituer, y compris quand elles sont leur "officielle". Valeurs et code d'honneur avec lesquels on finit toujours par s'arranger, d'ailleurs...
Si l'humour n'est pas absent de ces Louchetracs, on se surprend à rire un peu jaune car on se dit qu'on n'aimerait pas avoir affaire à eux, surtout après avoir lu le sort qu'ils réservent à celui qui a joué les donneurs.
Que ceux qui pensent retrouver une ambiance digne des Tontons flingueurs se ravisent: Pierrot, Max, Serge et les autres sont de vrais truands qui cognent et flinguent pour de vrai.
De même, Mariolle qui a su retranscrire l'univers de ces voyous, a, avec un certain talent, décrit le monde de la prison de cette époque à travers des pages qui résonnent quand on sait ce qu'il en est de nos jours.
Enfin, si le style s'avère vif, nerveux et truffé de métaphores fleuries, on n'est pas chez Audiard car c'est essentiellement à travers l'argot véritable, donc pas toujours compréhensible au premier abord, que l'auteur donne vie à ces personnages du passé, à leur monde révolu. Qu'on se rassure: pas besoin de sa "Méthode à Mimile" ou de son "ancien argot sans peine" pour "entraver" quelque chose à cet ouvrage qui ne se contente pas d'être un simple témoignage mais bien un véritable roman.

Les louchetracs de Jean Mariolle,  La manufacture de livres (2009), 235 pages

 
Par cynic63 - Publié dans : polars français - Communauté : Le monde du polar
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