Lux meets Elvis

Publié le par cynic63

Même pas deux mois de passés dans cette année 2009 et, déjà, deux héros du rock and roll nous ont quittés.
Après Ron Asheton (voir No Fun... ), on a appris la semaine dernière le décès, dû à des complications cardiaques apparemment, de Lux Interior, le chanteur des Cramps.

Indissociable du déjanté gang new-yorkais tout comme de Poison Ivy,sa compagne à la scène comme à la ville, Lux avait 62 ans, dont plus de trente passés à tenir le devant de la scène.
Avec lui disparaît un peu de notre jeunesse, déjà bien loin, et également une véritable mémoire de l'histoire du phénomène culturel le plus important de la deuxième moitié du XXème siècle car, s'il s'est avéré être le redoutable chanteur et frontman du groupe le plus fou de la scène new yorkaise du milieu des années 70, Lux Interior était une véritable encyclopédie du rock. Il en connaissait les artistes les plus obscurs et collectionnait des milliers de disques qu'il chinait en compagnie de son alter ego féminin.
Mais, et c'est là que nous sommes tous redevables à Lux, il nous a toujours fait partager les fruits de ses découvertes par l'intermédiaire des versions atomiques que les Cramps en ont enregistrées.
Originaire d'Akron, Ohio, la capitale du pneu nord-américaine (coïncidence amis rockers clermontois?), Lux et Ivy, originaire pour sa part de la côte ouest, quittent cette triste cité pour LA ville où le rock and roll, le vrai et pas cette horreur  jouée par des hippies californiens, retrouve, enfin, son langage lors des mid-70's: New York.

D'abord évincé du CBGB pour incompétence notoire, les Cramps vont persévérer, enregistrer des singles ou maxis et affirmer leur style: un mélange de rock and roll des débuts joué avec la furie du garage punk 60's. La chose donnera naissance à un premier album brillant, en 1979, intitulé The songs the lord taught us. On est encore surpris aujourd'hui par la fraîcheur que, 30 ans plus tard, ce premier long effort des -désormais- New Yorkais dégage. Des originaux bien construits, des reprises bien sentis et un son à faire frémir...de plaisir. Le line-up (voir photo) du groupe est parfait: Bryan Gregory à la deuxième guitare pour seconder Ivy et Nick Knox, batteur qui ne quittera le navire qu'au début des annees 90. Le style est clair: du rockabilly au garage mais avec la fureur du punk.
En 1981, les Cramps, désormais habitants de Los Angeles, sortent une deuxième bombe: Psychedelic Jungle qui, comme son nom, l'indique dévoile un autre aspect de leurs goûts musicaux. Et, en effet, le groupe aborde les choses de manière plus "planante" et joue également sur les ambiances.
Les disques suivants comme, entre autres,  Smell of Female -un live urgent et imparable- et Off the bones -première compilation du groupe comportant des pépites jamais sorties sur 33 tours comme "She said", inénarrable reprise de Hasil Adkins, un authentique fêlé des années 50,- confirment la place des Cramps parmi les groupes qui comptent.

Mais là où Lux devient vraiment Lux, c'est sur scène...Si un journal anglais avait titré bien des années avant "Laisseriez-vous votre soeur sortir avec un Rolling Stones?", personne n'aurait répondu par l'affirmative si la question avait été posée après une perfomance des Cramps tant Lux en faisait des tonnes; un vrai happening avec des mimiques, des gestes, des postures que nous qualifierions pudiquement d'explicites. Par exemple, si vous ne saviez pas comment une simple chaussette pouvait faire fonction de cache-sexe, il aurait fallu le demander au chanteur... Ceci étant, le groupe ne se résumait pas aux facéties de Lux quand il s'emparait de la scène: il y avait du son, de la folie, de la classe. Il suffit pour s'en convaincre d'écouter le live sus-cité ou encore le très bon rockinnreelininaucklandnewzealand (ouf...).
Même vers sa fin, malgré l'âge et les quelques petits (sic) excès qui commençaient à peser, Lux donnait toujours le meilleur en concert et même si les derniers efforts studio sont relativement dispensables, on est bien triste de voir un vrai rocker quitter la scène. Il n'en reste plus tant que ça.

Publié dans rock and roll

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Mariana 19/02/2009 19:46

"Hey, I'm on my way, on a journey outta this world..." Lux Interior

Mariana 14/02/2009 10:38

est ce que le rock Californien joué par des hippies avait la prétention de rivaliser avec ce qui se faisait sur la côte est où ailleurs aux US?

cynic63 14/02/2009 10:57


Ce n'est pas la question ici: juste que ça se la jouait rock alors que c'en était très éloigné. Dans l'esprit sinon dans la forme. Le punk a eu le grand mérite de rappeler ce qu'était le rock à la
base


Mariana 14/02/2009 09:34

je ne suis pas complètement d'accord quand tu dis que le rock californien est une horreur jouée par des hippies. Et Social Distortion ?

cynic63 14/02/2009 09:47


Je faisais référence à l'époque des débuts du punk américain (1975). Pas à une autre période. Et Social, c'était bien des punks (il suffit d'aller mater des vidéos des débuts sur you tube)